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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 06:01

[Des questionnements intéressants de la part des maoïstes.]

 

Marine Le Pen n’a pas réussi, pour l’instant, son pari à Hénin-Beaumont, pari visant à montrer que sa ligne est juste pour s’implanter dans les quartiers populaires.

Car c’est ce qui se passe en ce moment: depuis la « liste anti-sioniste » de Dieudonné-Soral, jusqu’au « Parti de France » des anciens FN, jusqu’à Marine Le Pen, en passant par les « identitaires », le but est le même: démontrer à la bourgeoisie impérialiste que sa ligne est celle qui réussira une percée dans les rangs populaires.

Ce qui nous amène à un problème essentiel: ces mouvements ont des positions différentes, voire contradictoires. Cela tient à la nature du fascisme, qui est un mouvement. Et il y a autour de ces structures toute une série d’associations, de personnages plus ou moins variés culturellement et politiquement, de groupes et d’organisations…

Comment évaluer tout cela? C’est une tâche difficile, qui demande une analyse antifasciste qui comprenne les dynamiques de la société française. Impossible d’étudier les fascistes sans:

a)partir du principe que le peuple doit les combattre;

b)se fonder sur les luttes de classes et leur développement.

Ce qui souligne un manque de vocabulaire. Il y a toute une série de comportements se rapprochant du fascisme, servant le fascisme, contribuant au fascisme. Comment les définir?

Sans doute devons-nous développer notre vocabulaire, avec des termes qui, s’ils sonnent bizarrement, peuvent s’avérer des concepts fort utiles: pré-fasciste, quasi-fasciste, pro-fasciste, semi-fasciste, nihiliste, décadent

En Allemagne les antifascistes utilisent par exemple depuis très longtemps le terme de « mob » pour définir une population populaire gangrenée par les valeurs du fascisme allemand, et de « fascistoïde»  pour des comportements ultra-autoritaires très similaires à ceux du fascisme.

Cette démarche d’élargir le champ des définitions est très utile pour caractériser et comprendre de quoi et de qui on parle. C’est politiquement très juste, cela permet de définitivement dépasser les tendances erronées voyant le fascisme soit nulle part, (à part dans quelques « groupuscules» , théorie social-démocrate) soit partout (théorie ultra-gauchiste du « fascisme moderne» ).

Ce dont nous avons besoin, c’est ainsi d’élargir notre champ d’analyse. Et c’est là qu’on voit toute la force de la science MLM: loin des préjugés, elle ouvre des champs à la pensée, et donc à la pratique, selon le principe bien connu comme quoi« la théorie devient sans objet si elle n’est pas rattachée à la pratique révolutionnaire ; de même, exactement, que la pratique devient aveugle si sa voie n’est pas éclairée par la théorie révolutionnaire » (Staline).

Évidemment, on arguera que l’antifascisme appartient à tous et toutes les antifascistes, ce qui est tout à fait juste. Il n’y a pas lieu de remettre cela en cause. La cause antifasciste est une cause pour ainsi dire « sacrée. »

Seulement, la science MLM est toutefois une école à part, qui justement pour les MLM, apporte des nuances, des précisions, des visions sur le long terme que les autres courants de pensée révolutionnaires n’ont pas. Il n’y a pas lieu de sous-estimer cet aspect là de la science MLM, qui rentre dans le cadre de la compréhension de la crise générale du capitalisme et de la marche à la guerre impérialiste.

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Published by Action Antifasciste
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