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30 août 2009 7 30 /08 /août /2009 06:00

[Document disponible ici.]

Stérilisations forcées au Pérou et en Colombie, exactions dans les villages d’Inde, du Kurdistan et du Tamil Eelam, le Liban et Gaza comme laboratoires militaires sionistes, jusqu’au génocide au Rwanda : les crimes de l’impérialisme sont quotidiens et indénombrables.

L’époque de l’impérialisme, c’est l’époque de la barbarie, et d’une barbarie d’autant plus frénétique que les contradictions mondiales s’approfondissent et que les capitalistes paniquent.

Mais sans économie politique correcte et sans perspective révolutionnaire, les crimes de l’impérialisme sont incompris, et sont vite tournés en « symboles » par les moralistes.

C’est exactement ce qui se passe actuellement en Suède.

Ainsi, la semaine dernière a été publié un article dans le journal Aftonbladet, prenant deux pages dans la rubrique Culture, sous le titre « Nos fils dépouillés de leurs organes ».

L’article explique que, depuis la première Intifada de 1987, Tzahal enlève des corps de Palestiniens tués, leur enlève leurs organes, et les rend aux familles quelques jours plus tard avec une cicatrice du menton au nombril. Une photo accompagne l’article, montrant le corps sans vie d’un jeune insurgé palestinien de 19 ans, avec justement cette cicatrice.

La réalité de l’impérialisme et de ses complices sionistes est d’une brutalité incroyable, et l’horreur impérialiste dépasse parfois les pires cauchemars, d’autant plus que le trafic d’organes est parfois réellement organisé par les capitalistes et les mafias sur le dos des peuples opprimés. Pourtant, on peut avoir des doutes quant à l’état des organes humains après avoir été criblés des balles sionistes…

Mais là où l’antisémitisme devient évident, c’est quand on voit que l’article d’Aftonbladet démarre en évoquant une affaire récente de trafic d’organes (organes de « donneurs » supposés vivants) entre Israel et le New Jersey aux USA. L’article ajoute même une photo d’un rabbin qui trempe dans cette affaire, accompagné explicitement d’un nom on ne peut plus juif, Levy Itzhak Rosenbaum…

En clair : l’armée israelienne dépouille des Palestiniens de leurs organes pour les livrer à un trafic international aux mains des rabbins.

Quand nous expliquons que l’époque de l’impérialisme est celle de la barbarie, il faut aussi comprendre que celui-ci réactive les pires préjugés antisémites du Moyen-Âge chrétien obscurantiste, en les mettant à une sauce moderne et « prête à l’emploi » par les impérialistes.

Ainsi, tout comme fleurissent les accusations antisémites à propos de la grippe porcine, on voit ici réapparaître le fantasme médiéval des crimes rituels, selon lesquels les rabbins enlevaient des enfants chrétiens pour utiliser leur sang dans les matzot de Pessa’h. En fait, l’accusation antisémite des enlèvements réapparaît régulièrement, comme dans l’affaire d’Orléans il y a 40 ans, que nous avons analysée assez précisément.

Mais ce qui est nouveau dans ce vieil antisémitisme chrétien, c’est l’aspect « trafic international », qui est dans la plus pure veine de l’antisémitisme moderne des « Protocoles des Sages de Sion ». Ainsi,l’antisémitisme de l’époque féodale est non seulement réactivé, mais aussi recombiné à l’antisémitisme de l’époque impérialiste, pour donner un antisémitisme mutant, encore plus pernicieux et violent à la fois.

La vérité, c’est que Hapoel n’en sait strictement rien sur cette affaire de trafic d’organes. Mais le pire, c’est que le journaliste suédois d’Aftonbladet n’en sait pas beaucoup plus !

Celui-ci explique en effet : « Cela me touche au point que je veux que ce soit investigué, c’est vrai. Mais si cela est vrai ou faux, je n’en ai aucune idée, je n’en ai aucun indice. »

Le rédacteur en chef d’Aftonbladet a ensuite beau jeu de se présenter comme victime d’une « campagne de haine à travers les médias israeliens », ou de se poser en « justicier » exigeant des explications de la part de l’État israelien.

Mais la réalité, c’est que ces journalistes, qui se présentent comme « évidemment pas antisémites » mais qui font une obsession sur Israel, servent grandement le sionisme !

En effet, ils acculent les personnes juives progressistes dans une alternative intenable : soit se nier en tant que personnes juives en tolérant des clichés antisémites vieux de plusieurs siècles, soit défendre l’État sioniste par refus de l’antisémitisme – ce qui revient aussi à une négation de soi… D’où la position d’équilibriste des représentants bourgeois de la communauté juive auprès de l’État suédois.

Il en résulte donc un faux débat : d’une part l’État sioniste d’Israel se présente à bon compte comme attaquant l’antisémitisme, avec une prétendue radicalité puisqu’il déclenche une crise diplomatique avec la Suède – alors que les sionistes ne font que couvrir leur armée criminelle ; d’autre part l’État impérialiste suédois invoque la « liberté d’expression » et est soutenu par les très moralistes « défenseurs des droits de l’homme » – et par tous les antisémites.

Ce soutien à un impérialisme européen trouve d’ailleurs des alliés de l’extrême-droite antisémite et complotiste, jusqu’à Europalestine qui titre « Le gouvernement suédois résiste au chantage à l’antisémitisme ». Ce qui est proprement hallucinant pour de prétendus « anti-colonialistes », pour lesquels la Suède devient subitement une championne de la cause palestinienne…

Si le journaliste n’est pas certain de ce qu’il avance et n’est pas en mesure de le prouver, alors pourquoi avoir publié cet article, et pourquoi avoir récidivé ce dimanche dans le même journal ? Qui se figure-t-il servir, et qui sert-il en réalité ?

Pour comprendre cela, il faut savoir ce que représente Aftonbladet (= « la feuille du soir »), le plus grandtabloïd de Suède (avec la qualité que cela implique…). Après avoir soutenu les nazis pendant la guerre, Aftonbladet est passé sous le contrôle de l’énorme confédération syndicale suédoise, qui détient encore aujourd’hui la moitié du capital et contrôle la ligne éditoriale.

Cette confédération syndicale est intimement liée à la social-démocratie au pouvoir depuis la fin de la guerre. Or la social-démocratie suédoise a assumé historiquement un rôle extrêmement anticommuniste et contre-révolutionnaire. Son idéologie est très influencée par un certain luthérianisme de gauche, nécessairement infesté d’un vieil antisémitisme chrétien.

Le soutien de la social-démocratie suédoise à la Palestine est donc largement « symbolique », « moral », « pacificateur » : on se souviendra ainsi de la responsable social-démocrate Mona Sahlin participant à une manifestation de solidarité avec Gaza, organisée en janvier dernier par des ONG… dans une église ! Ce soutien ne contient donc aucune perspective révolutionnaire pour le peuple palestinien et la nation arabe, et est par conséquent nécessairement perméable à l’antisémitisme chrétien de gauche.

Mais si ce n’était que cela… Car l’actualité politique, en Suède comme partout en Europe, c’est le développement ininterrompu du fascisme.

Les divers courants fascistes suédois sont de plus en plus offensifs politiquement (20% de votes à l’extrême-droite dans certaines zones, des conseillers municipaux nationalistes dans la moitié des villes du pays, manifestations nazies protégées par la police contre les antifascistes, etc.), mais aussi de plus en plus offensifs militairement (attaques répétées au cocktail Molotov contre des cimetières juifs, incendies nazis contre des locaux culturels, mais aussi contre des familles progressistes, enfants compris, etc.).

Voici donc un exemple historiquement « typique », qui montre la justesse de l’analyse communiste de la social-démocratie comme « frère jumeau du fascisme » (Staline).

Par son niveau politiquement indécent, par son soutien à la Suède comme pays impérialiste, par son refus de la révolution démocratique en Palestine et dans la nation arabe, et par sa tolérance sans limite de l’antisémitisme, la social-démocratie suédoise se retrouve à servir la soupe antisémite aux nazis.

Et non seulement elle sert la soupe antisémite aux nazis, mais cette soupe est une synthèse nouvelle entre l’antisémitisme féodal des « crimes rituels » et l’antisémitisme de l’époque impérialiste voyant partout le « complot sioniste ». Les nazis n’en demandaient pas tant…

Juif ! Juive !
Brise le jeu malsain des sionistes et des antisémites !
Rejette la social-démocratie complice du fascisme !
Rejoins l’Action Antifasciste,
seule force révolutionnaire analysant l’antisémitisme !

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Published by Action Antifasciste
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